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VIELLE RÉGLEMENTAIRE

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Veille règlementaire CNIL RGPD

Partage de photos et vidéos de votre enfant sur les réseaux sociaux : quels sont les risques ?

leurs enfants. Quels sont les risqueset quels sont les réflexes à adopter?

L’image de votre enfant peut être détournée à des fins malveillantes

Les vidéos et photos postées sur les réseaux sociaux peuvent faire l’objet de détournement par des individus malveillants. Certains parents publient des photos dénudées de leur enfant (par exemple lorsqu’ils jouent dans le bain) : des internautes malveillants détournent ces photos pour créer de faux profils, les partagent avec d’autres inconnus ou les diffusent sur des réseaux de pornographie infantile. Ces individus malintentionnés peuvent récupérer les images sans qu’ils n’aient besoin d’être dans vos contacts soit parce que votre profil est public, soit parce que l'un de vos contacts les aura partagées publiquement ou avec d'autres « amis ».

Par ailleurs, le développement de systèmes d’intelligence artificielle facilite la création d’hyper-trucages (ou de deep-fake) permettant, par exemple, de dénuder les mineurs à partir de photographies publiées sur les réseaux sociaux. Il s’agit d’images, photos et vidéos générées à partir d’autres contenus d’enfants (y compris habillés), présents sur les réseaux sociaux, par exemple. Cela a pour effet d’augmenter les dangers pour les enfants en ligne et hors ligne.

En effet, cela peut :

  • alimenter le harcèlement scolaire et le cyberharcèlement ;
  • amplifier les pratiques pédocriminelles. À cet égard, la Fondation pour l’enfance alerte notamment sur le développement de nouveaux usages pédocriminels liés à l’IA et la démultiplication de contenus pédocriminels sur le dark web (internet clandestin), mais aussi sur les pages internet accessibles au public.

50%

des images ou des vidéos d'enfants échangées sur les forums pédocriminiels ont été initialement publiées par leurs parents via les réseaux sociaux

Source : Rapport de la Fondation pour l’Enfance, L'IA générative, nouvelle arme de la pédocriminalité, oct. 2024

La publication d’une image peut révéler d’autres informations sur vos enfants

Une image prise depuis un smartphone ou un appareil photo contient des données qui peuvent révéler beaucoup d’informations sur votre enfant.

En effet, souvent les photos et vidéos contiennent des indications sur la localisation et l’heure à laquelle l’image a été prise (grâce aux métadonnées, notamment du GPS, d’une photo ou vidéo). Les images peuvent également révéler des informations précieuses sur vos enfants – comme leurs centres d’intérêts ou encore les lieux qu'il fréquente – qu’il n’est pas non plus souhaitable de mettre entre les mains d’un individu malintentionné.

La création d’une identité numérique peut porter préjudice à vos enfants sur le long terme

Dès le plus jeune âge, certains enfants se voient attribuer une « identité numérique » contenant potentiellement des centaines de photos qu’ils pourront difficilement effacer une fois adultes. Ainsi, selon une étude menée par l’agence britannique OPINIUM et publiée en 2018, les parents d’un enfant de 13 ans ont déjà publié en moyenne 1 300 photos de lui sur les réseaux sociaux.

Il est parfois difficile de mesurer l’ampleur et les conséquences des traces laissées sur nos enfants pour l’avenir. Ce qui ne pose pas de souci aujourd’hui pourrait paraître inacceptable demain. Toujours accessibles, les photographies et les vidéos partagées par les parents peuvent donc priver les enfants de leur capacité à définir leur propre image et leur identité. Elles peuvent porter atteinte à leur réputation en ligne (avec un risque de cyberharcèlement) et avoir des incidences négatives dans un cadre scolaire ou dans leur avenir personnel et professionnel.

Quelles sont les bonnes pratiques à adopter ?

Pour que vos enfants ne soient pas confrontés aux risques liés au « sharenting», la CNIL vous livre des conseils sur les bonnes pratiques à adopter.

Privilégiez le partage par messagerie instantanée, par courriels ou par MMS

Évitez de partager des photos et des vidéos de votre enfant sur les réseaux sociaux : privilégiez le partage par messagerie privée instantanée sécurisée dont certaines proposent même des fonctionnalités qui vous permettent d’envoyer des messages éphémères. Le courrier électronique ou les MMS doivent également être privilégiés.

Ne partagez pas les images de votre enfant avec tous vos abonnés sur les réseaux sociaux, alors que vous pouvez les transmettre à vos proches de manière privée. N’hésitez pas à demander à vos proches de ne pas partager eux-mêmes les photos ou vidéos de votre enfant sur les réseaux sociaux sans votre accord.

Demandez l’accord de votre enfant et de l’autre parent avant toute publication

Avant de publier une photo ou une vidéo de votre enfant sur les réseaux sociaux, il est nécessaire d’en parler avec lui et d’obtenir son accord.

Vous devez également demander l’accord de l’autre parent. Plusieurs décisions de justices établissent clairement que diffuser des photographies de ses enfants, notamment sur les réseaux sociaux, est un acte non habituel qui nécessite l’accord des deux parents.

Le droit à l’image de l’enfant, un droit renforcé par la loi

La loi du 19 février 2024 est venue renforcer la protection du droit à l’image de l’enfant :

  • les parents doivent veiller au respect de la vie privée de leur enfant, y compris son droit à l’image. Ils associent l’enfant à l’exercice de son droit à l’image, selon son âge et son degré de maturité.
  • en cas de désaccord entre les parents, le juge aux affaires familiales peut interdire un parent de diffuser toute image de son enfant sans l’autorisation de l’autre parent.
  • lorsque la diffusion de l'image de l'enfant par ses parents porte gravement atteinte à sa dignité ou à son intégrité morale, une délégation partielle forcée de l’autorité parentale est créée.

Évitez le partage de certaines photos et vidéos et cachez le visage de votre enfant

Si vous décidez de publier des photos et vidéos de votre enfant, faites le tri.

Évitez la publication de certaines photos et vidéos qui ont trait à l’intimité de votre enfant (par exemple, une photo où il serait en maillot de bain ou encore dans son bain).

Il est également conseillé de cacher le visage de votre enfant (photographier votre enfant de dos, ajouter une émoticône sur son visage, etc.) avant de publier.

Sécurisez vos comptes et réduisez la visibilité de vos publications

Verrouillez vos comptes sur les réseaux sociaux en réglant la visibilité de vos publications à vos seuls abonnés pour éviter qu’un inconnu ait accès aux photos ou vidéos de vos enfants.

Pour chacun des réseaux sociaux, vous pouvez configurer les paramètres de confidentialité de votre compte pour limiter la visibilité de vos publications.

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